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Demandez à Cendrillon ou à son prince charmant...
Il y a quelques mois, j’ai reçu le témoignage d’un lecteur de TLMMDR qui disait « … c’est bien votre livre, mais vous ne dites pas comment faire pour planquer du fric sans que votre femme le sache … ! ». Visiblement ce Monsieur avait, ou avait eu, quelques déboires avec son (ex)épouse.
D’une manière générale lorsqu’ils s’apprêtent à se marier ou à se remarier, et bien que la plupart des couples n'hésitent pas à étudier le budget de leurs noces, par peur de froisser l’autre ou parce qu’ils ne trouvent pas cela très romantique, une grande majorité ne discute pas de certaines questions économiques et financières qui peuvent avoir un très grand impact sur leur future vie en commun. Par exemple, ils oublient de déterminer à qui appartiendront les biens acquis avant le mariage ou qui soutiendra les enfants issus d'un mariage antérieur. Je sais que ce genre de questions ont tendance à plomber l’atmosphère, mais en les abordant avant le mariage vous garantirez votre harmonie pour les jours à venir et ferez disparaître beaucoup de sources de discorde si un jour le prince charmant se transformait en Barbe bleue ou Cendrillon en fée Carabosse.
Mariez vous pour le meilleur, jamais pour le pire.
Avec l’accroissement du nombre de divorces et de (re)mariages, le sujet est devenu beaucoup plus complexe qu’auparavant. Dans une union, une (ou un) jeune mariée n’épouse pas seulement un conjoint, mais peut également se marier avec des dettes sans le savoir. Par exemple, le marié est peut être un ancien divorcé qui doit une pension alimentaire à son ancienne épouse. Si les nouveaux mariés ne tiennent pas compte de cet aspect, la nouvelle épouse pourrait se retrouver, dans le cas d’un décès par exemple, à payer la pension alimentaire de l’ancienne conjointe.
Autres cas de figure : un époux peut devenir père du jour au lendemain si son épouse a déjà des enfants, ou endetté si l'un des 2 futurs conjoints a déjà des dettes suite à des mauvaises opérations financières ou des crédits à la consommation.
Ainsi, chaque union devra faire l’objet d’une étude pour éviter les désagréments ultérieurs. Et ceci pour le plus grand bien de la future famille car si l’un des époux est déjà endetté il est inutile de partager cette dette. Celle-ci ne ferait qu’empêcher le ménage de prospérer. Prenons un exemple : François et Mélanie veulent se marier. Mais François a une dette antérieure de 100 000€. Si les 2 tourtereaux décident « d’oublier » cette dette (même s’il y a peu de chances que les créanciers en fassent de même) en se jurant fidélité et soutien mutuel, ils démarreront la vie économique de leur couple à -100 000€. Non seulement cela peut leur poser des problèmes dans le cas de l’obtention d’un prêt immobilier, mais aussi générer des problèmes pour le financement des études de leurs futurs enfants. Alors qu’en laissant cette dette en dehors de leur union par l’intermédiaire d’un contrat de mariage adéquat, François pourra continuer à payer sa dette tout en participant aux besoins du foyer et sans que sa compagne soit inquiétée.
Voici quelques conseils qui aideront Cendrillon (ou la belle au bois de dormant, je vous laisse choisir) et son prince charmant à bien se marier.
Tout d’abord soyez honnêtes l’un vers l’autre. Il est essentiel de tout clarifier avant le mariage. Pour ce faire, prenez chacun une feuille de papier et répondez à tous les point suivants :
- Etat des dettes : Etes vous un bon payeur ? Avez-vous manqué des remboursements ou avez-vous eu des jugements contre vous qui implique une dette ? Avez-vous déjà été en faillite personnelle ou sur une société ? Quel est le montant de toutes vos dettes (crédit à la consommation, immobilier, voiture, amendes, pension alimentaire, ect…) ?
- Vos biens. Incluez votre revenu annuel, la valeur de votre maison, les voitures, les investissements et les placements.
- En cas de remariage. Votre futur conjoint doit être au courant de tous les paiements de pension alimentaire ou de prestation compensatoire due. En ce qui concerne votre retraite, vous devez même informer votre futur conjoint des droits que votre ex-conjoint pourrait éventuellement avoir sur votre retraite future (pension de réversion) ou sur une partie de vos biens.
Quand vous aurez fini, échangez vos feuilles respectives et analysez les réponses de l’autre. Il se peut que vos réponses déclenchent une discussion au sujet de :
- qui est le responsable des dettes contractées avant le mariage ?
- comment partagerez vous vos futures acquisitions ?
- comment ferez-vous face aux engagements financiers antérieurs à votre future union ?
En fonction des réponses et des problèmes éventuels soulevés, vous devrez vous poser la question de l’utilité d’un contrat de mariage. Son existence pourra se révéler particulièrement important si :
- Vous apportez des biens importants dans le mariage
- Vous pensez hériter de biens ou d’actifs conséquents
- S’il existe déjà des enfants d'une union précédente.
Protéger vos biens. Dans le cas d’un (re)mariage après 40 ans nous avons généralement plus de biens qu’un jeune marié de 25 ans. Par conséquent, votre préoccupation sera plus importante sur la protection des biens apportés au mariage. Si vous avez un salaire élevé vous aurez besoin également de protéger les futurs biens qui seront acquis après le mariage. A cet égard, un contrat de mariage assurera que vos biens resteront à l'écart de ceux de votre époux/se, et par conséquent votre celui-ci ne pourra pas réclamer une partie de vos biens si vous divorcez.
Protégez aussi vos enfants. Signer un contrat de mariage est aussi avantageux pour assurer que les enfants issus d’une union précédente seront les héritiers de vos biens à votre décès. Généralement, à moins que votre époux/se renonce spécifiquement à son droit aux biens dans le cadre d’un contrat validé, il ou elle peut réclamer une partie de ceux-ci à votre décès et peut être léser vos enfants.
Bien entendu cela ne veut pas dire que vous devez désavantager outrageusement vote nouveau futur conjoint et si, comme la plupart d’entre nous, vous voulez faire en sorte que tout soit équitablement réparti, vous devez absolument prévoir ce cas de figure à l’avance, c’est-à-dire que pour préserver les droits de votre époux/se et sauvegarder les biens pour de vos enfants vous avez intérêt à prévoir tout cela par contrat et/ou testament.
Sans aucun doute, le mariage est l’un des choix le plus émotif dans votre vie mais ignorer les considérations financières risque de menacer votre bonheur. Pour se protéger des lendemains qui déchantent, n’hésitez pas à établir les bases de votre sérénité future. Je sais que ces aspects très formels ne sont pas souvent abordés parce que l’on peut avoir peur des réactions de l’autre, ou tout simplement parce que les amoureux n’osent pas en parler alors qu’ils y pensent chacun de leur coté. Si vous avez besoin de conseils, parlez en à vos parents ou tout simplement à votre notaire. Vous aurez ainsi un autre éclairage des choses.
Pour finir , un message pour vous Mesdames : dans le cas d’un divorce ou d’une disparition, les femmes sont toujours plus désavantagées (financièrement) que les hommes, ceci pour plusieurs raisons :
- en cas de divorce, elles ont plus souvent la charge des enfants. Même si elles travaillent et qu’elles reçoivent une compensation financière (pension alimentaire) elles devront assumer seules toutes les charges qui étaient assumées avant par le couple.
- si elles ne travaillent pas, elles accentueront encore plus ce désavantage et se retrouveront dépendantes de l’autre
Par conséquent n’hésitez pas à prévoir tous ces aspects avant. Pendant la bagarre, s’il doit y en avoir une, les 2 camps sont retranchés, défendant âprement leurs positions, et oublient vite le conte de fée.
Si cela vous amuse, je vous conseille de lire un livre : « j’ai épousé un radin » qui raconte l’histoire (vraie) d’une femme que j’ai rencontré lors d’une émission TV (Mireille Dumas / Vie privée, vie publique). Celle-ci avait divorcé pour épouser un autre homme qui n’hésita pas à mener grand train avec la prestation compensatoire de sa nouvelle épouse. Une fois consommée (la prestation…), celui-ci se révéla être le parfait radin dans toute son horreur, refusant de sortir le moindre centime pour assurer le quotidien. Je vous laisse découvrir la suite.
Pour en savoir plus sur le livre j'ai épousé un radin : cliquez ici
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